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Dépression post-natale du papa : ce qu'on ne dit (presque) jamais

  • 19 mars
  • 4 min de lecture

On parle beaucoup du baby-blues, on évoque de plus en plus la dépression post-partum chez la mère, mais il existe aujourd'hui un angle mort dans le domaine de la santé mentale périnatale : le vécu des pères après la naissance.

Pourtant, les dernières études sont claires : près de 10% des pères sont touchés par une dépression post-natale, post-naissance ou post-partum (suivant les terminologies utilisées). Comme pour la mère, cette dépression survient dans les semaines ou dans les mois suivant la naissance de l'enfant. On estime que ce chiffre est probablement sous-estimé, la population masculine restant encore relativement fermée concernant les sujets de santé mentale. Ce que vivent les pères, en silence On n'a cessé de nous le répéter : l'arrivée d'un enfant est l'un des moments les plus merveilleux de notre vie. Or, c'est justement ce décalage entre ce qu'on devrait ressentir et ce qu'on ressent réellement qui rend la période si difficile à traverser pour certains pères. Il n'y a pas forcément de pleurs ou d'effondrement visible. La dépression post-natale ne ressemble pas à ce que nous imaginons. Elle se manifeste souvent de manière détournée à travers : - une irritabilité persistante, des accès de colère (qui surprennent même celui qui les vit !), - un sentiment de mise à l'écart dans la nouvelle organisation familiale, comme si la place de père était floue ou indéfinie, - une fatigue profonde qui dépasse la simple privation de sommeil, - un retrait progressif du couple, de l'enfant, de la vie sociale, - des comportements d'évitements ; surinvestissement dans le travail, consommation accrue d'alcool ou d'écrans, fuite dans l'activité physique intensive, - une difficulté à créer du lien avec le bébé, accompagnée d'une culpabilité silencieuse. Ces signes sont rarement nommés pour ce qu'ils sont. Ni par le père lui-même, ni par l'entourage. Pourquoi les pères sont-ils aussi vulnérables après la naissance ? La naissance d'un enfant est une transition identitaire majeure. Elle ne concerne pas uniquement la mère. Le père, lui aussi, traverse un remaniement profond identitaire : sa place dans le couple, sa relation a sa propre histoire, sa façon de se projeter dans l'avenir... On parle d'ailleurs désormais de patrescence (le pendant masculin de la matrescence - nous y reviendrons). Plusieurs facteurs peuvent venir fragiliser cet équilibre : Le sentiment d'exclusion Dans les premiers mois de vie du nourrisson, la relation avec la mère est souvent centrale et très intense. Le père peut alors se sentir spectateur, en dehors d'un lien qui semble ne pas lui faire de place. Cette mise à distance, même involontaire, peut générer un sentiment de perte et d'isolement réel. La pression de "tenir" Les pères sont rarement autorisés à s'effondrer. La figure du pilier, de celui qui soutient, qui gère, qui rassure, peut être pesante. En parallèle, exprimer de la vulnérabilité reste, pour beaucoup d'hommes, un risque social et affectif trop important qui ne correspond pas à l'image de l'homme qu'on a pu, pendant trop longtemps, leur véhiculer. La fragilisation du couple L'arrivée d'un enfant met le lien conjugal à rude épreuve : moins de temps à deux, moins d'intimité, réorganisation des rôles, épuisement partagé... La liste est longue ! Lorsque le couple vacille, c'est tout l'équilibre qui peut alors s'effondrer. La résurgence de l'histoire personnelle Devenir père réactive souvent des zones sensibles : la relation a ses propres parents, des blessures d'attachements, des non-dits familiaux... Ce travail psychique se fait bien souvent dans l'ombre et pourtant, il existe bel et bien, et ses conséquences, aussi ! Ce que dit la recherche scientifique Depuis quelques années, la recherche scientifique se penche de plus en plus sur le sujet. Les dernières études menées sur la dépression post-natale du papa nous ont notamment montrer que : - celle-ci peut apparaître jusqu'à 12 mois après la naissance, parfois même au-delà, - elle est souvent corrélée à la dépression post-partum maternelle. : lorsque la mère souffre, le risque augmente significativement chez les hommes, - elle peut avoir des répercussions sur le développement de l'enfant et sur la dynamique familiale dans son ensemble, - elle est souvent sous-diagnostiquée, faute d'outils adaptés et de personnels formés et sensibilisés au vécu paternel. Il est important de rappeler que la dépression post-natale paternelle n'est pas une faiblesse. C'est une réponse compréhensible face à une période de transformation intense. Et si on en parlait autrement ? Lorsqu'on est confronté à la dépression post-natale du papa, la culpabilité peut vite arriver. Pourtant, elle n'a rien à voir avec le fait d'être - ou non - un "bon papa". Elle ne présage également aucunement de l'investissement et de l'amour futur pour l'enfant. Consulter - que cela soit seul.e ou en couple - n'est pas le signe que quelque chose dysfonctionne profondément. C'est, au contraire, une démarche active et responsable, souvent décisive pour traverser cette période sans que les tensions ne viennent s'installer dans la durée. Un accompagnement adapté permet de : - mettre des mots sur son vécu, sans jugement, - comprendre les mécanismes qui sont à l'oeuvre (individuellement, dans le couple, dans la famille), - retrouver une place claire dans l'organisation familiale, - préserver le lien conjugal et parental dans un moment où il est mis sous tension. Vous vous reconnaissez dans ces lignes ? Ou quelqu'un que vous aimez ? J'accompagne les pères - et les couples - qui traversent une période de vulnérabilité, dans un espace confidentiel, structuré, loin de toute injonction. 👉🏼 Découvrir l'accompagnement post-natal du papa

 
 
 

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